La Transition

C’est quoi les « Villes en transition » ?
C’est un mouvement international consistant  à mettre en place, au niveau de la cité, des projets initiés par et pour ses habitants, sans aucune notion d’appartenance politique ou philosophique. Ces projets ont pour but d’inventer des moyens pratiques, à notre portée, pour amortir les impacts négatifs de la hausse prévisible du prix du pétrole sur nos modes de vie actuels. Plus de 300 villes dans le monde ont adopté la démarche de la « transition ». En Belgique, quelques villes ont démarré dont Bruxelles.

Faut-il vraiment croire à ces histoires de pénurie de pétrole, alors qu’on nous dit qu’il y a de grosses réserves dans le monde ?
C’est vrai, il y a des réserves mais il apparaît aujourd’hui que leur évaluation empirique a été exagérée. Dans la réalité, il y a plus de puits pétrole qui s’épuisent que de nouveaux qu’on met en exploitation alors que la demande mondiale ne fait que croître pour satisfaire les besoins des pays à fort développement comme la Chine, l’Inde, l’Asie du sud est et même l’Afrique. Si on n’est incapable objectivement de fixer la fin du pétrole, les experts ont modélisé une prévision avec la notion de pic pétrolier, c’est-à-dire le moment où la demande dépassera l’offre. Selon ces modèles le pic pétrolier est prévu pour la décennie 2010-2020 ou, au plus tard, 2040-2050, selon les sources. Ce pic marquera la fin du pétrole bon marché.

Que se passera-t-il pour nous si le pétrole devient cher ?
Ce n’est pas difficile d’imaginer l’impact d’un pétrole cher sur notre pouvoir d’achat. Plus chers le mazout, l’essence, l’électricité mais aussi plus chères les marchandises qui toutes, absolument toutes, nécessitent du pétrole pour leur fabrication et pour leur transport. Et donc plus chère sera notre nourriture. Nos emplois mêmes seront incertains car la rentabilité des entreprises est conditionnée par les coûts de production et donc du coût de l’énergie. Cette dépendance absolue a rendu notre société fragile. Mais il ne faut pas se laisser gagner par la sinistrose et plutôt opter pour le conseil de la secrétaire de l’agence mondiale de l’énergie (ONU) : « Nous devons quitter le pétrole avant que le pétrole ne nous quitte ».

Sans pétrole, notre société ne va-t-elle pas s’effondrer ?
On reste optimiste ! Les humains sont ingénieux, on trouvera des solutions. Par le passé, les civilisations se sont bien développées et ont produit de grandes choses longtemps avant la découverte du pétrole. Les situations de crise aigue sont généralement à l’origine de grands changements de société et d’innovations technologiques. Le problème, très actuel pour nous, c’est que la TRANSITION est délicate et presque toujours significative de difficultés pour la population. C’est aussi une question de temps : combien d’années pour voir émerger une société différente basée sur d’autres ressources que le pétrole : quelques unes ? une décennie ? une génération ? Personne ne peut le dire aujourd’hui. Il y a juste des pessimistes et des optimistes. Mais les uns et les autres sont dans le même bateau de « l’avant-crise ». C’est le laps de temps qui nous est imparti pour nous préparer à vivre cette TRANSITION le mieux possible.

A notre niveau, on ne peut pas faire grand chose !
Est-ce si sûr ? Dans l’intérêt de l’écologie en général, on est incité, déjà aujourd’hui, à mettre en pratique quantités de gestes et d’actions à titre individuel pour changer nos habitudes de consommation. Si c’est bon pour la planète, c’est aussi bénéfique pour notre porte-monnaie mais surtout diminue d’autant notre vulnérabilité vis-à-vis de la hausse du prix des énergies. Mais on se rend bien compte qu’il faut aller plus loin. Il s’agit d’inventer notre futur, d’être les acteurs du changement plutôt que ses victimes impuissantes. C’est par le regroupement des citoyens, la mise en commun de nos idées, de nos savoir-faire, de notre dynamisme, de nos propres potentiels d’inventivité que nous augmenterons nos chances de trouver les bonnes méthodes pour faire face aux difficultés engendrées par cette crise. Ce qui importe, c’est de faire quelque chose dans la bonne direction. Et pour paraphraser la chanson des restos du cœur « Ce n’est pas vraiment notre faute si le monde ne va pas bien, ça le deviendrait si nous n’y changeons rien » !

On ne va pas changer le monde !
C’est quoi le monde ? Si on ne sait pas où il finit, pour nous, on sait où il commence.
Le premier monde de l’homme, c’est la cellule familiale et puis, vient le cercle de ceux qui vivent là où ont vit. Ceux avec qui on partage le même environnement, les mêmes espaces publics, les mêmes écoles, les mêmes transports en commun, les mêmes magasins, les mêmes infrastructures, en un mot la même VILLE. Notre ville représente notre première sphère de vie, notre groupe. C’est à ce premier niveau qu’il convient d’agir. Voilà pourquoi le projet s’intitule « Ville en transition ». Pour ce qui est du reste du monde, qui peut savoir de l’ « effet papillon » .